vendredi 11 décembre 2015

Parler de notre plaisir… Oui, mais comment ?

         Parler de ce qu’on aime, de ce qu’on aimerait, de ce qui nous fait du bien tout autant qu’exprimer ce qu’on n’aime pas, ce qui nous pose problème, ce qui nous fait mal, etc. paraît essentiel pour avoir du plaisir ! Et pourtant, nommer les choses, communiquer nos envies, oser parler n’est vraiment pas facile… Lors de nos discussions, on a utilisé la « technique des petits papiers » pour commencer à raconter nos expériences sexuelles… Mais au cours de nos conversations, on a bafouillé, on a rougi, on était bloquées parfois et souvent on ne trouvait pas les mots. Parler de sexualité avec des ami.e.s suppose peut-être aussi d’oser en parler avec ses partenaires, et inversement !
Alors…pendant la relation sexuelle, comment ça se passe ? Extraits bruts de notre première discussion.



Les petites et grandes galères de la communication dans le sexe :

- Les gémissements, ça veut dire quoi au fait ? Simulation, encouragement à continuer, évocation du plaisir … Un truc qu’on fait parce qu’on n’ose pas parler ?


 « - Mais ce truc là, l’injonction à gémir, je l’ai aussi vachement. J'ai l’impression que je gémis quand c’est pas trop cool et que je me  sens obligée de faire croire que c’est cool. Et même quand c’est tellement cool que j'arrive plus à rien dire du tout, je me sens obligée de pousser un petit cri quand même, pour lui dire « continue quoi ! ». C’est un truc que j’ai du mal à gérer, le bruit, juste le bruit en fait. Comment tu gères les bruits que tu fais? Ça correspond pas toujours à ce que tu ressens sur le moment je trouve. »


- Les mots pendant la relation sexuelle : ne pas s’autoriser à donner trop de détails, à parler trop longtemps, à parler tout court, et à quel moment ? Et pour dire quoi, ce qu’on voudrait, ce qu’on ressent ? Pas toujours facile de décrire…

 « - Est-ce qu'on s'autorise à dire de longues phrases? À dire par exemple plus qu'« ok », mais « ouais c’est cool », « ça me fait plaisir »? À quel moment est-ce que t’arrives en fait à discuter en même temps que faire l’amour ? Ou bien est-ce qu'on pousse juste des gémissements, les « ah c’est trop bien », les espèces d’onomatopées, les onomatopées « acceptables »? Est-ce qu'on pourrait  pas juste développer un peu plus pour que ce soit plus clair ? Comme "ouais c’est trop cool mais vas-y reste comme ça, pas trop vite”... 
     - Moi ça m’arrive, ça m’arrive de dire : « plus à gauche, plus à droite, j’aime bien ça, le rythme est cool, ce rythme me va bien, ou attends... j’ai envie de tester un truc ». Mais c’est vrai que je lui dis pas : « oh mon dieu, j’ai l’impression d’être sur un nuage ». Enfin tu vois, par exemple tu décris jamais ce que tu ressens. »


- Les mots après la relation sexuelle : on n’ose plus, on n’a plus le temps, on anticipe pour la prochaine fois ?

 « - C’est vrai sur le truc « parler après ». Moi aussi je demande « t’as ressenti quoi ? ça t’as kiffé quand c’était comme ça ou comme ça ? » Parce qu’il y a une espèce de gêne sur le moment même du rapport sexuel dans lequel t’oses pas dire « alors ça tu kiffes? Est ce que je me mets comme ça, dans telle position? Est-ce que ça t’as kiffé ? » Parce que c’est sur le moment et tu te fous un peu la pression… Moi, parfois je me dis « ça va le bloquer ou ça va me bloquer si je parle ». Donc du coup c’est plutôt l’espèce de debrief après. En fait, c’est plutôt après où tu mets des mots dessus, mais là beaucoup plus précis en fait sur tel truc c’était bien, ça faisait plus chaud, froid… [Rires] »




          On peut avoir l’impression que le seul « langage du corps » ou que les gémissements, bruits et autres onomatopées peuvent suffire mais cela peut parfois être déroutant ou ambigu, alors à nos imaginations, et créons / osons chacun.e une manière de parler de sexe qui nous appartienne, et avec laquelle on se sente en confiance afin de pouvoir exprimer ce que l’on veut ! 






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